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"Oncle Vania" au Centre culturel d'Alfortville

Le 14 mars 2014, 10:39 dans Culture 0

 

Il n'y était que pour une soirée mais tourne à présent notamment à Toulouse et Montpellier et je ne peux que vous le conseiller !

Je l’avoue, j'ai un gros faible pour Tchekov et la Russie tsariste en décomposition qu'il nous montre à voir. Pour ces grandes familles nobles désargentées recluses dans leur maison de campagne et ne rêvant qu'à Moscou ou St Persbourg. Pour ces grandes tablées pleines de vodka et de musique. Pour ces personnages qui oscillent entre rire et larmes…

Ceci étant dit, j’aime encore plus les pièces de Tchekov mises en scène par Benedetti (j’avais eu la chance de voir sa mise en scène de Trois sœurs dans une petite salle à Alfortville en novembre dernier).

Parce qu’on y retrouve les grands invariants tchekoviens : les grandes tables, la musiques, la nounou, la vodka, les couples qui ne s’aiment pas, les hommes qui aiment des femmes qui ne les aiment pas, les femmes qui aiment des hommes qui ne les aiment pas, les fonctionnaires de province désespérés…

Mais surtout parce que Benedetti relit Tchekov à l’aune non plus de l’ennui, ce grand ennui de la province Russe qui plonge dans la léthargie et l’alcool, mais de la colère. Les personnages de cet Oncle Vania bouillonnent de colère. Contre eux-mêmes, contre les autres et avant tout contre la vie. L’une des manifestation de cette colère brulante c’est la vitesse à laquelle s’expriment les acteurs : la mise en scène de Benedetti dure 1h20, à titre de comparaison, celle de Lacacade en ce moment au Théâtre de la Ville dure 2h45 et la longueur est l’une des caractéristiques des pièces de Tchékov.

La vitesse du débit de parole nous parle donc de colère, elle nous parle aussi d’urgence. Urgence à vivre dans un monde qui s’écroule. Urgence à ne pas sacrifier nos rêves au profit de réalités tangibles mais étroites. Une parole qui résonne très fort dans le monde d’aujourd’hui.

 

"Des fleurs pour Algernon" au Théâtre Hébertot

Le 10 mars 2014, 17:50 dans Culture 0

 

Très belle soirée samedi soir au théâtre Hébertot pour "Des fleurs pour Algernon" adaptation du roman éponyme de David Keyes, mis en scène par Anne Kessler avec Grégory Gadebois ! 

L'histoire poignante d'un handicapé mental dont le QI va être triplé par le biais d'une opération chirurgicale passant de 68 à 204 avant de redescendre inéluctablement. Quand à Algernon, c'est la souris blanche qui a subit la même expérience et dont le héros voit la déliquescence annoncer la sienne.

Grégory Gadebois, seul en scène durant 1h30, est assis dans un fauteuil dont il ne bouge quasiment pas et se transforme sous nos yeux. Peu à peu sa voix, son langage, sa perception du monde évolue avant de replonger une fois arrivé au sommet. Le comédien nous fait vivre les émotions que le héros consigne dans son journal, il est question d’amour, d’amitié, de partage, de connaissance.

Vous avez jusqu’au 20 avril pour assister à ce beau moment fort en émotions au Théâtre Hébertot !

 

"Un Barrage contre le Pacifique" au Théâtre de l'Athénée

Le 7 mars 2014, 11:18 dans Culture 1

Enorme déception hier soir au Théâtre de l'Athénée qui m'avait pourtant souvent réservé de belles découvertes ! 

Face à ce texte mythique et à première mise en scène par Claude Régy et des acteurs aussi incroyables que Madeleine Renaud, Bulle Ogier et Michael Lonsdale, la création de Juliette de Charnacé ne fait clairement pas le poids et arriverait presque à certains moments à nous faire oublier la beauté du texte de Duras.

La mise en scène assez dépouillée et un parti pris très sensuel pourrait peut-être être intéressants mais ne sont absolument pas servis par les acteurs. Entre moment surjoués, postures raides et guindés (mention spéciale pour Lola Créton et ses bras ballant dans le rôle de Suzanne) et passage où on ne sait pas si les acteurs jouent ou attendent la fin du spectacle (incroyable dernière minutes où on à l'impression que Lola Créton et Julien Honoré -Joseph- ne savent absolument pas ce qu'ils doivent faire et se regardent, hésitants), c'est une à démonstration assez catastrophique que j'ai assisté hier soir. Le summum étant le monologue de la mère, jouée par Florence Thomassin où l'intensité de la folie du personnage a fait place à la gène des spectateurs devant ce pitoyable spectacle.

Et puis pourquoi Juliette de Charnacé se sent-elle obligée d'illustrer le texte en permanence ? La mère écrit une lettre ? Suzanne l'annonce et la mère lit la lettre mais la metteuse en scène rajoute encore un secrétaire sur lequel l'actrice se penche pour écrire... Le vent du Pacifique souffle à la tombée du jour ? Le bruit du vent aparait en fond sonore... 

Amis durassiens et amoureux du théâtre, relisez Margueurite Duras, revoyez ses films mais passez votre chemin théâtral et n'allez pas à l'Athénée ! 

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